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Mai 21

Mentir, ne pas savoir lire, ou ne pas vouloir comprendre ?

Vite lu, vite dit : c’est le titre de petits articles du journal communiste, les Nouvelles de Loire-Atlantique. Jamais titre n’aura été plus approprié aux quelques lignes concernant l’Aéroport du Grand Ouest dans le numéro du 25 avril dernier.
NDDL
On peut en effet lire : « les commissions du dialogue, agricole et de la loi sur l’eau (…) ont remis leur rapport. Elles confirment l’utilité du transfert de l’aéroport et valident le bien fondé du choix des collectivités de s’être engagé (sic) dans ce projet. La fédération du PCF se félicite de cette issue qui est une bonne nouvelle pour les populations et les entreprises du grand ouest… ».
C’est effectivement vite dit parce que vite lu, ou pas lu du tout peut-être ? Mais soyons justes : la publication communiste n’est pas la seule à avoir des problèmes de lecture. Dans le journal de Mai/juin de Nantes-Métropole, la page 3 vaut aussi son pesant de mauvaise foi : « Aéroport du Grand Ouest : Retour positif des commissions. » Là encore on ne parle que projet validé, jugé pertinent par les trois rapports et « simplement » améliorable. Un résumé est même donné à la fin de l’article. Pour le rapport scientifique, on peut lire: « Des compensations environnementales selon des principes déjà établis. (Comprenne qui pourra !) Des recommandations à suivre pour la poursuite du projet». Nantes-Passion, le magazine de la ville de Nantes n’est pas en reste : le numéro de Mai fait aussi le point sur le sujet. Et écrit : « Bien que les principes retenus pour évaluer les compensations environnementales et agricoles n’aient pas été remis en cause, des recommandations ont été formulées. »
Soyons clairs : Oui, la commission du dialogue dont c’était explicitement la mission conclut à la pertinence du projet. Mais même elle pointe ses faiblesses, notamment la non pertinence de bon nombre d’arguments et la trop grande consommation d’espaces agricoles et naturels. Ce que fait d’ailleurs aussi la commission agricole. Sur la question environnementale, la commission du dialogue comme la commission d’enquête loi sur l’eau à l’automne dernier s’en remet au comité d’experts. Et là, le bât blesse ! Oser écrire que ce comité scientifique valide le projet est un mensonge pur et simple. Son rapport est en effet implacable …pour qui le lit… Il invalide les principes de la méthode de compensation (quatre arguments dont la non adéquation au SDAGE du bassin de la Loire) et son application au site de Notre Dame des Landes (six critiques de fond, dont la mauvaise évaluation de départ, l’insuffisance d’engagement des maîtres d’ouvrage quant à l’obligation de résultat, et les fortes incertitudes sur la faisabilité des mesures proposées).

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